À l’entrée de la ville, ses imposantes arches s’étendent gracieusement au-dessus de la rivière Tarn.
Élément clé du développement de Montauban, le pont Vieux est mentionné dans la charte de fondation de la ville, signée en 1144 par Alphonse Jourdain, comte de Toulouse. Pourtant, sa construction ne débutera qu’un siècle et demi plus tard, sans doute en raison des difficultés techniques et du coût élevé du projet.
En 1303, le roi Philippe IV Le Bel accorde une aide financière et autorise l’instauration d’une taxe prélevée sur les voyageurs de passage. En contrepartie, le pont devra être équipé de trois tours, qui resteront sous la propriété et la surveillance royale.
Les travaux commencent en 1311, suivant une méthode progressive : d’abord deux piles, ensuite reliées par une voûte soutenue par de vastes cintres en bois. Cette technique garantit la solidité de l’édifice. Après plusieurs interruptions, le pont est finalement achevé aux alentours de 1335.
Conçu par Étienne de Ferrières et Mathieu de Verdun, l’ouvrage repose sur un tablier droit supporté par 14 arches, dont 7 traversent le Tarn et 7 sont situées sur la terre ferme – certaines ayant été murées ou ensevelies au fil du temps.
Conformément aux exigences royales, le pont était initialement flanqué de deux tours carrées aux extrémités, dotées de terrasses crénelées s’élevant sur des mâchicoulis, probablement surmontées plus tard de toits.
Une troisième tour, érigée sur l’arrière-bec de la pile centrale, abritait une chapelle dédiée à Sainte-Catherine, protectrice des mariniers.
Au fil des siècles, le pont Vieux a subi de nombreuses modifications, influencées par les guerres, les évolutions politiques et les besoins croissants en circulation. Ces transformations ont conduit à la disparition progressive des tours, de la chapelle, des gargouilles ainsi que du parapet médiéval, témoignant de l’adaptation constante de cet ouvrage emblématique aux exigences de son époque.
82000 Montauban