Le Fort de Bessoncourt a été construit dans le contexte de l'après-guerre franco-prussienne de 1870-1871. Après la défaite française, il est devenu évident que la concentration des défenses dans les villes de garnison était une des causes de la débâcle. Les zones environnantes étaient laissées sans protection, permettant à l'ennemi de s'approcher, d'encercler les villes et de forcer leur reddition.
Le général Séré de Rivières, tirant les leçons de la défaite, a mis en place un nouveau système défensif pour protéger la France. L'une de ses principales stratégies était de déplacer la « ligne principale de résistance » à une distance de 15 à 20 km des villes, notamment par la surveillance et la défense des principales voies de communication.
Le Fort de Bessoncourt fait partie intégrante de ce nouveau dispositif de défense, avec pour mission principale de protéger Belfort. Belfort est une place forte stratégique située à environ 15 km de la nouvelle frontière franco-allemande après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne. Il était crucial de défendre cette zone, située au confluent des routes venant de Bâle et de Mulhouse, qui représentait une voie d'invasion probable.
Le fort est l'un des cinquante ouvrages fortifiés conçus pour protéger la région de Belfort. Compte tenu de la portée limitée des canons de l'époque (entre 6 et 8 km), le choix de Bessoncourt était stratégique. Il permettait de placer des canons à bonne distance de la frontière tout en assurant la protection de la ville et des routes d'accès.
Le fort comprend un important casernement destiné à abriter non seulement des pièces d'artillerie et des munitions, mais aussi les hommes chargés de les servir. Un ravitaillement et une infrastructure adaptés étaient également nécessaires pour permettre aux troupes de résister pendant une période prolongée en cas de conflit.
Rue du Fort de Senarmont
90160 Bessoncourt